الاثنين، 3 ماي، 2010

Khalid Izri – Du désert en Europe : aller-retour !

Des berceuses lyriques accompagnées par le son d’une guitare, des rythmes battants, qui se font insistants et qui évoquent irrésistiblement les serpentins d’une caravane dans le désert et des arabesques arabes, chantantes, associées à la guitare électrique européenne : Khalid Izri, c’est tout cela.
L’homme sympathique aux boucles noires est natif du Maroc. Il porte un bonnet en tricot blanc, qui est devenu en quelque sorte un signe distinctif. Il fait partie des 70 % de la population marocaine qui sont berbères. Sa formation se compose – en dehors de sa personne – d’un violoniste, d’une flûtiste, d’un accordéoniste,
d’un batteur et d’un percussionniste. Ses musiciens l’accompagnent en fonction de l’expression recherchée de façon soutenue ou très sensible. Le berbère, qui s’est établi en Europe représente un type de musicien qui à dépassé depuis longtemps ses propres racines musicales. Il mélange sans problème les influences de sa patrie marocaine et une sonorité européenne, qui s’oriente souvent au soft-rock. Ceci ouvre des portes qui facilitent la prise de contact avec l’autre culture. Izri est une célébrité parmi les marocains de la diaspora marocaine. Ils chantent les refrains avec lui, accompagnent joyeusement les rythmes en tapant des mains et se hissent même sur la scène pour « décorer » le chanteur avec un drapeau berbère en soie.

Ce soir-là, dans l’ancienne salle de marché de la bourse, dans le cadre du « Festival Strasbourg Méditerranée » Khalid Izri est une figure d’identification. Dans cette salle se trouve un public qui n’a pas l’habitude de fréquenter les salles de concert. Une communauté marocaine, majoritairement masculine et visiblement très émue par la prestation d’Izri s’est mêlée au public strasbourgeois, très ouvert au monde. Sa grande musicalité et celle de sa formation s’exprime au mieux dans le morceau qui célèbre la tradition des mariages berbères. La musique commence très calmement, empreinte d’une certaine tristesse même. Introduite par la flûte elle passe par un chant magnifique, lyrique, pour basculer finalement dans un feu d’artifice musical déclenché par les instruments exclusivement. Dès que l’on pense que le morceau touche à sa fin, il glisse à nouveau vers un passage chanté pour finir dans un rythme instrumental déchaîné, ou l’on croit littéralement apercevoir la noce tourbillonner.

Izri explique au publique en grande partie français que le mariage chez lui est quelque chose de joyeux et de triste à la fois. On est triste, parce qu’on quitte l’amour et la protection de sa propre famille tout en étant heureux à la perspective d’un nouvel avenir. Une superbe explication et un véritable hommage à la vie.
« Ma terre » un morceau traitant de la beauté de son pays a une structure similaire. Izri l’a écrit à l’âge de 14 ans. De nouveau, des passages mélancoliques alternent avec des rythmes endiablés – une sorte de marque de fabrique du musicien. Mais il chante aussi l’injustice qu’ont subie les berbères, symbole pour toutes les injustices que doivent subir les hommes dans le monde. Il chante l’exil ou évoque des souvenirs de sa mère.
Izri fait étinceler le caléidoscope de la société marocaine dont il est issu et coule cette musique dans un moule européen. Ce qui en résulte, ce sont des contrastes ravissants. Il offre à son public une soirée enivrante et en me temps touchante, qui laisse dans les cœurs une idée de ce que c’est que d’être un berbère libre.
Texte traduit de l’Allemand par Andrea Iske
European Cultural News

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